Angleterre, 1020
Mal à l’aise, Raymond D’Estienne observait sa jeune et ravissante épouse. Dans son surcot brodé, le front ceint d’un cercle d’or, Elizabeth incarnait la fraîcheur et l’innocence. N’importe qui se fût réjoui d’avoir pour compagne une telle enchanteresse, mais un destin sans pitié l’avait contraint à se forger des habitudes de méfiance. Depuis la disparition tragique de sa première femme, il doutait des autres, mais aussi de lui-même. Surtout de lui-même. Aussi, se jura-t-il, ces secondes noces ne seraient-elles rien d’autre qu’un mariage de convenance. Que cela lui plût ou non, sa nouvelle épouse devrait se satisfaire de son unique fonction : donner un héritier à son seigneur et maître…