De Mircea Eliade, on connaît surtout les travaux sur l'histoire des religions, mais il nous reste à découvrir le romancier, amateur de fantastique.
Il faut se souvenir que c'est en Roumanie, dans les Carpates, que se trouvait le repaire de Dracula... Peut-être faut-il voir là l'origine du goût du roumain Mircea Eliade pour un fantastique que gouvernent le plus souvent les vampires (Mademoiselle Christina 1935) et les sortilèges de la nuit qui lui inspirèrent la Nuit bengali (publié en 1934 à vingt-sept ans) etAndronic et le serpent (1936).
La nuit encore est présente et nécessaire pour Minuit à Serampore, publié en 1939, la même année que Le Secret du Docteur Honigberger. Mais ici, Mircea Eliade s'est écarté de ces thèmes traditionnels pour emprunter aux religions de l'Inde la trame de ces deux récits qui nous donnent à rencontrer, par le biais du fantastique, les notions d'intemporalité de l'âme et du corps auxquelles les techniques du yogisme et du chamanisme nous conduiraient...